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Les phares du Touquet histoire et symboles

Pages réalisées en collaboration avec :

Patrick BONAVENTURE - Membre de la Société Académique - Du Touquet - Paris-Plage

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Phare du Touquet
Histoire et symbole des phares du Touquet
* Naissance du Touquet

L’histoire du Touquet commence le 15 Avril 1837 lorsque Monsieur Daloz devient propriétaire d’un domaine de dunes sur la garenne de Trepied - commune de CUCQ
En 1856 cette garenne est plantée de 800 hectares de pins qui formeront la forêt.
En 1878 Monsieur de Villemessant imagine le destin de la station un an avant de mourir.

* Les naufrages

La géographie du lieu existait pourtant bien avant que ces visionnaires ne vinssent occuper les lieux.
La pointe du Touquet, le tournant de la Canche faisait parler d’elle depuis que le commerce par voie maritime passait dans le détroit.
A proximité de la côte, cette route avait bien des dangers et les naufrages Qui sont rapportés par les historiens en sont la preuve.
Le 12 Novembre 1687 plusieurs bateaux pêcheurs d'Etaples sont engloutis à l’entrée de la Canche, six corps sont repêchés et inhumés à Etaples. En 1794 c'est un bateau faisant route de Bordeaux à Hambourg qui se brise sa cargaison est vendue à Etaples aux enchères publiques par maître Becquet, notaire, pour la somme de 910361 francs en assignats.
Un an plus tard le “ Salisbury ”. chargé de tabac de Maryland s’échoue, sa cargaison est sauvée et vendue en assignats également.
On peut égrener ensuite d'autres dates 1807~1809 1818~ 1819 avec deux importants naufrages dont celui du “ Walles ” se rendant de Batavia à Hambourg avec un important chargement de riz et de café ainsi que 18 hommes. Le capitaine et trois matelots furent tués.
1821~1827~1828 . . . . .
la liste est longue, jusqu’au plus émouvant des naufrages retracé dans la La Revue des Deux Mondes. Ce navire, “ Le Conqueror ” jaugeant huit cent tonneaux venait de Calcutta chargé des plus riches produits de l'Asie et touchait au terme de son voyage.

Avant le jour le canon d'alarme se fit entendre malgré le bruit de la tempête.
La population se porta à la pointe de Lornel et on aperçut le navire déjà ensablé. Nos gens firent des efforts pour amener des moyens de sauvetage mais la mer montait avec un violent vent d’ouest. Chaque énorme lame balayait un rang de naufragés.
Un seul survivant fut jeté mourant sur la plage.
A cette même date deux autres naufrages se firent sur nos côtes et la construction des phares du Touquet fut enfin décidée en 1845.L'Amirauté britannique était intervenue pour demander à la France que des moyens de sécurité fussent installés.
Les navires ne voyaient que trop tard, par gros temps, les feux de la pointe de Lornel sur la rive droite de la Canche.

· Fiat Lux

Après six années d1études et de travaux les feux du Touquet, deux phares de 53 mètres de hauteur, sont allumés.

· Les premières techniques

Les quatre dernières années de travaux sont dirigés par Raymond Lens - conducteur des Ponts et chaussées ­
Les deux phares sont construits sur un terrain de 600 mètres de long sur 300 mètres de large; la distance qui les sépare est de 250 mètres. leur alignement est exactement
Nord -Sud dans le sens de“ La méridienne ” .
Leur portée étant de 40 à 90 kilomètres.

Au pied de chacun d'eux 2 corps de logis pour les gardiens et entre les deux édifices, au centre le logement du gardien chef. Les matériaux qui ont été nécessaires à la
construction de ces édifices ont tous été à défaut de voie carrossable, amenés par voie de mer.
Tout ceci permettait à cinq familles d'habiter à la pointe du Touquet et avec les gardiens du sémaphore ces vingt personnes étaient les seuls habitants du Touquet en 1852.
Les sources lumineuses étaient des lampes à huile de colza à mèches multiples. Lorsque le colza fut remplacé par le pétrole on se servait de becs mèches concentriques où le carburant était injecté par des pompes.

· L’électricité

Dès 1884 ce fut l'application de l'éclairage électrique. Deux machines à vapeur de six chevaux font tourner des magnétos; ces machines se trouvent en dehors de l'enclos des phares, dans un local construit en 1883 et 1884,et le courant est amené par des fils de cuivre dont les caractéristiques techniques sont détaillées dans le guide annuaire de Monsieur Henry Du Parc en 1894.

La lumière est fourni par l’arc formé entre deux charbons et le flux lumineux est amplifié par les lentilles à échelons étudiées par le physicien Fresnel au début du XIXo siècle.

· Le feu à éclipse

Les progrès réalises dans la construction des feux à éclipses, permettant de donner à une source lumineuse unique un caractère particulier, facilement identifiable, les services des phares décide en 1900 d'éteindre l’une des deux sources lumineuses fixes et de remplacer l'autre par un feu éclair.
le 15 Juillet 1900 avec une optique double et une seule source électrique le phare Sud émet ses éclats blancs groupés par deux toutes les dix secondes. Et cette amélioration technique supprime les emplois de deux gardiens.

On s’aperçut vite que le faisceau émis se réfléchissait sur les vitres de la tour Nord; cet inconvénient fut supprimé en passant de la peinture noire mate sur les vitres.

· Le réseau urbain d’electricité

En 1922 pour des raisons d'économie la source lumineuse est rattachée au réseau électrique urbain; ce qui supprima à nouveau deux emplois de chauffeurs. Il restait donc à cette date comme personnel un maître de phare et deux gardiens chauffeurs.
En 1928 nouvelle économie de personnel avec le départ du dernier maître de phare.
Un gardien chauffeur faisant office de chef. . . . . .
En décembre 1931 il est décidé de peindre la tour nord avec des bandes alternées blanches et noires pour en augmenter la visibilité.
Cette apparence heurtée du blanc et du noir se détachant mieux sur le ciel habituellement gris de notre région (sic) .Cette expérience inspirée des phares anglais donne de bons résultats.

· Fiat Urbs

Ces deux batiments ont donc présidé aux premières destinées de la station et le lyrisme de Monsieur Edouard Leveque les compare à deux minarets géants d'une mosquée turque.

Ces monuments constituent longtemps une visite l' incontournable'l lors de tout séj our au Touquet et i l est mentionné dans les guides Bonaventure que s'il est interdit de prendre du haut des phares aucune photographie ni croquis,

“ il n’est pas défendu de laisser une légère somme au gardien qui vous accompagne ”

Chaque visiteur était en outre obligé de laisser son nom sur un registre ouvert à cet effet; la première signature étant celle d'un cordonnier de Neuville le 28 septembre 1851. L'espacement des dates montre l'isolement des phares et de leurs gardiens; la deuxième signature est celle du
directeur des Postes de Montreuil le 8 Octobre. . . . .. . .

* La fin des premiers phares

La première guerre mondiale n'a point touché l’histoire des phares mais il n’en est pas de même de la deuxième guerre. En effet peu de temps avant le départ des troupes
d'occupation allemandes, le 3 septembre 1944, les deux édifices sont détruits.
Avec leurs murs épais de 1 m 90 dans le bas et d'un m 15 dans le haut on pouvait penser qu’ils étaient indestructibles.

· Le provisoire

Après la libération il avait fallu rapidement baliser à nouveau l'estuaire de la canche et trois projecteurs visibles à 18 km avaient été installés sur le beffroi de l’hôtel de Ville. Le Lundi 15 octobre 1945 à 18 h 10 un nouveau phare se met à fonctionner avec un lampe de 1000 watts, un feu à 4 éclipses faisant un tour complet en 20 secondes.
Cette lampe de 1000 watts n'équivalait pas les deux lampes de 3000 watts et les 2 millions de bougies du phare précédent mais c'était un peu du Touquet qui s'était remis à vivre.
Le phare du beffroi allait fonctionner encore six ans.

· La tour actuelle
Le phare du Touquet
En 1946 Monsieur de Rouvilel, directeur du service national des phares et balises confie à Monsieur Louis Quetelart l'étude du projet de reconstruction du nouveau phare.

Les travaux commencent en 1948 et ce nouveau phare que nous connaissons est édifié à 800 mètres de la plage à l’intérieur des terres.

Cet ouvrage s'élève à 55 mètres 91 au dessus du niveau du sol ; il pèse 3080 tonnes constitué pour une bonne part de béton mais aussi de pierre de Marquise pour le soubassement extérieur, l'intérieur étant en briques de parement.

La tour de 3.85 m à 44.66 m est construite en briques dures ordinaires en provenance d’Attin. Les parements extérieurs et intérieurs sont en briques spéciales de Fouquereuil rouge orangé pour le dehors et jaune orangé pour le dedans.

Entre les cotes 34.8 et 38.8 le parement est brun formant une bande de signalisation de 4 m de hauteur
Les appuis de fenêtres sont en pierre du boulonnais Les chambres de service du haut et du sous sol sont carrelés de céramique.L1escalier comporte 297 marches.
Il est pourvu d'un paratonnerre.

· Et que deviendra-t-il ?

En 1992, le phare ne s’éteint pas mais perd un peu de son âme ; le dernier gardien Jean Jacques Chalm, s’en va . L’automatisation du Phare du Touquet est prévue pour l’an 2000.
Avec l'arrivée des radio phares, avec la présence des satellites, avec la mise en place du système “ G P S ” -global positionning system - et d'autres inventions de haute technologie il est possible que les phares lumineux soient voués à la disparition.

Notre phare touquettois aura été le quatrième du nom après ceux qui ont fait nommer
“ l’ avenue des phares ” devenue un pluriel bien singulier. . . . . . .


La construction du phare en photos
Les fondation du phare La contruction du fût du phare
Les ouvriers au travail
La pose des pierres
La structure du phare


Patrick Bonaventure
Membre de la Société Académique du Touquet Paris Plage - 1996

*les Phares du Touquet
quelques dates
1852 feux de la pointe de Lornel
Janv 1852 les 2 feux du Touquet - lampes à huile
1884 mise en service de l'électricité
1900 un seul feu à éclipses – Sud -
extinction du feu Nord
noircissement du vitrage de la tour Nord.
1922 Electricité par le réseau urbain
1928 il reste un gardien et un auxiliaire
1931 Mise en peinture alternée blanche et noire du Phare Sud.
1944 -03.09 ­Destruction des 2 phares par les allemands
1945 Installation d’un phare sur le beffroi de l'hôtel de Ville.
1951 mise en service du phare actuel.

*les phares du Touquet
Bibliographie

-Guide agenda de Paris-Plage Henri du Parc1894
Imp Marpon et Flammarion Paris

-Paris Plage Le Touquet Edouard Levêque1904 Ed Ch Delambre

-Histoire de Paris Plage et du Touquet 1905
Edouard Levêque Ed Ch Delambre

-Nouvel annuaire du Touquet 1913
édité par le syndicat d’initiative et de développement

-Guide de l'étranger 1923 édité par le S I

-Les Disparus Edouard Levêque1925 Imprimerie Henry

-Guide de l’ étranger 1929

-Les Phares du Touquet au siècle dernier 1935 Edouard Champion
Ed Sté Académique

-Guide annuaire du Touquet Paris Plage 1938-39
édité par la Librairie F. Bonaventure Le Touquet

-Le Touquet Paris Plage à l'aube de son nouveau siècle 1982
édité par la Société académique

-coupures de Presse Oct 1945 , Mai 1951 & 1992