| Bienvenue sur la côte d'Opale | |
|
|
Mincoin.com le site internet des amoureux la Côte d'Opale |
|
|
Accueil> Oeuvre du mois > Archives > Vérotière mise à nu par C…Archives de l'Oeuvre du mois
|
![]() |
|---|
| Vérotière mise à nu par C… Bernard Clarisse, 2007 Néon, plexiglas. 130 x 92 cms. Bernard Clarisse prépare, depuis 2004, l'exposition de ses œuvres au musée d'Opale-Sud, "dans les pas de Francis Tattegrain". L'exposition qui lui est consacrée, jusqu'à la fin de l'année 2008, met en perspective plus de vingt années de création et un parcours que l'artiste définit comme suit: "Un rituel, probablement d’origine païenne, consiste à crucifier les taupes le long des fils barbelés dans les campagnes normandes où je réside. Cette tradition pour le moins barbare a attiré très tôt mon attention. En 1985, la bête chthonienne devient le sujet de ma peinture. Le thème est trop littéral ou allusif. Je cherche d’autres voies à explorer. Je me tourne alors du côté de Millet, des peintres de l’école de Barbizon, de Van Gogh aussi. Tous représentent des scènes de paysans: laboureurs, bêcheurs et autres médecins de la Terre. Dans le même temps, comme par un don des Dieux, je lis le chapitre consacré au fils d’Apollon: Asklépios dans les grandes divinités de la Grèce, par Pierre Lévêque et Louis Séchan (Armand Colin, 1990) et j’y trouve en outre ce passage page 327: “Une ultime confirmation de l’identité originelle entre Asklépios et la taupe serait fournie par la tholos d’Epidaure. On sait que, sous l’édifice classique, avait été conservé un labyrinthe archaïque fort mystérieux, que l’on a cherché à expliquer de tant de manières diverses et imprévues. En réalité, il s’agirait là d’une taupinière, conçue à la fois comme le tombeau et le séjour souterrain du Dieu, et l’on a même pu avancer que la révélation concernant Asklépios dieu-taupe était au centre de la religion d’Epidaure.” Dès lors, une nouvelle voie s’ouvre et, sans jeu de mots-maux faciles, je n’ai plus qu’à creuser du côté des textes de Pindare qui raconte la vie d’Asklépios, d’Hippocrate qui nous parle de maladies, des stèles avec inscriptions que tous ces malades ressuscités font dresser en l’honneur du dieu pour le remercier. Tous ces textes pour moi symbolisent la résurrection, la guérison de la peinture que l’on dit malade. Ma voie picturale est comme pour ainsi dire tracée, et elle est illustrée par plusieurs orientations distinctes mais convergentes. Cette voie constitue une part importante de mon travail: Des représentations “objectives” de la taupe, animal lié au culte du dieu grec Asklépios, constituent le parcours originel de mon travail. Un second ensemble regroupe les relectures de pièces dixneuvièmistes consacrées aux scènes paysannes (araires, bêches, binettes etc ... qui sont l’équivalent du scalpel). Une troisième série comprend des oeuvres dont le motif central (scènes paysannes ou vanités) est altéré, “moisi”, comme un clin d’oeil aux premiers travaux photographiques. Ce motif se détache sur un fond immaculé, creusé de galeries, signatures omniprésentes de mon oeuvre. Dans le quatrième ensemble s’inscrivent sur la toile des grammes hellènes empruntés à Pindare ou Hippocrate? Ce sont des sortes de stèles altérées par la bête chthonienne. Un autre ensemble consiste à intégrer des éléments architectoniques sculptés, dorés à la feuille qui semblent rejetés par les entrailles du tableau. Des plans anciens de cités dont les profondeurs recèlent des traces archéologiques sont exhibés avec minutie sur la toile, au centre, un motif sépia: une vanité, nous rappelle à notre mémoire. Enfin, des portraits anonymes et/ou connus sont figurés. Ils sont nommés dans une échancrure qui voudrait les soigner des maux de l’humanité avec quelque mot dûment choisi: incurable, mégalomane ..." Dans le catalogue, l'historien de l'art Jean-Luc Chalumeau, auteur de nombreux ouvrages de référence sur l'art contemporain, souligne l'ampleur et la qualité du travail de Bernard Clarisse. Il faut également souligner son aptitude à la pratique d'un humour chaleureux (relecture et détournement des œuvres des peintres du XIXè siècle) et à une dérision bienvenue dont Marcel Duchamp, qui l'a érigé en principe, est la première cible. "Vérotière mis à nu par C…" participe autant de l'étape proprement berckoise de Bernard Clarisse que du clin d'œil irrévérencieux au "maître de l'ironisme" par "Mariée déshabillée par ses célibataires" interposée. |
|---|
L'utilisation des photos de mincoin.com est réservée pour un usage strictement personnel sur tout type de support média :
écran d'ordinateur, papier, téléphone portable... à l'exception d'une diffusion publique (site web, magazine, affiches)
L'utilisation publique ou commerciale est soumise à conditions, n'hésitez pas à contacter le webmaster.
Pour toute utilisation frauduleuse vous vous engagez à des poursuites judiciaires.